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Dans un article majeur intitulé « une emprise et un endoctrinement presque indétectable » G Perra « relate » un dialogue avec un ancien camarade de classe. Au cours du dialogue Grégoire Perra se livre à des insinuations de nature à inspirer la plus grande répugnance de ses lecteurs envers tout ce qui a trait de près ou de loin à l’Anthroposophie, notamment en ce qui concerne les supposées pratiques scolaires au jardin d’enfants ou lors des voyages de classe.

Voici quelques extraits de ce dialogue.

G. Perra à son ancien camarade : « Te souviens-tu… lors de ton premier voyage de classe…  qu’il (le professeur) venait voir chaque élève individuellement dans leur lit pour leur faire ce drôle de rituel du « câlin réconfortant » ? il dormait avec nous dans le même dortoir ? »

L’ancien camarade : « Oui c’est vrai, quand j’y pense maintenant, ça fait bizarre ! m’interrompt-il… »

G Perra : «… dans certains jardins d’enfants Steiner-Waldorf, toujours d’après les témoignages qui me sont parvenus, les enfants doivent se déshabiller au point de n’être plus qu’en sous-vêtements… Par contre…le « câlin du soir », après certaines histoires dérangeantes…, n’est plus accompli que par des femmes, par sécurité. Ceci dit, entre nous, ce n’est pas très prudent non plus. Car la pédophilie féminine, cela peut aussi exister… » Perra ajoute ensuite :

« …Ce sont-là des consignes pédagogiques, pas des gestes spontanés… Dans son passionnant ouvrage intitulé Le harcèlement moral, Marie-France Hirigoyen explique que l’emprise développée par les manipulateurs est comme une sorte d’hypnose pratiquée pour endormir la future victime. Or celle-ci passe à 80% par du langage non-verbal comme des gestes, des regards, etc., qui mettent peu à peu sous emprise…».

 On voit bien ici la relation effectuée par G Perra…

M Perra ne devrait pas ignorer que les accompagnateurs de ces voyages de classe sont majoritairement des parents (non « anthroposophes » pour l’immense majorité d’entre-eux), et que ces derniers accompagnent les professeurs dans tous les secteurs du voyage, participent au réveil, à toutes les activités de la journée ainsi qu’au coucher des enfants. Nulle dissimulation ne serait ici possible et il est totalement évident que si des pratiques de cet ordre existaient dans ce climat de promiscuité malsaine et de manipulation « hypnotique », il y a bien longtemps que les parents les auraient dénoncées.

La fabrication d’un drame psychologique

Evoquons tout d’abord combien Perra soigne la manière du récit, crée une atmosphère de réalisme, de sentimentalité et d’affectivité qui fait plonger son lecteur au cœur d’un véritable drame humain :

Perra : « Nous sommes réunis à la petite table d’un café parisien. Je m’étonne de ses traits, changés par les années, et lui des miens. Voilà presque 20 ans que nous ne nous étions pas revus… »

L’ancien camarade : « tu sais Grégoire, j’ai lu ton article paru sur le site de l’UNADFI… ça m’a fait beaucoup réfléchir… moi, je garde surtout un souvenir extraordinaire de nos professeurs…»

Perra : « je regarde un long moment cet ancien camarade de classe sans rien dire. Je suis touché par sa sincérité et ne sais pas trop quoi lui répondre…comment expliquer un tel aveuglement ?»

Perra, avec une ténacité héroïque, va multiplier les exemples susceptibles de faire apparaître la monstrueuse réalité dont son camarade a été victime sans s’en rendre compte. Parfois, une lueur de lucidité semble éveiller ce dernier : 

L’ancien camarade : «…ça fait froid dans le dos… en discutant avec toi, on réalise à quel point il s’agit d’un système organisé et profondément pernicieux. On a l’impression que se produit une sorte de corruption morale profonde des êtres qui s’approchent de ces gens et de cette pédagogie. »

On y est presque ! l’éveil de la conscience est là, à portée de main mais l’endoctrinement est profond.

Perra, bouleversé par le traumatisme encore inconscient de « son camarade » témoigne

Perra « … et il est effectivement au bord des larmes. Je prends cette fois un temps assez long avant d’ajouter quoi que ce soit.… Je dois lui laisser le temps d’aller au fond de ce sentiment, pour qu’il lui soit possible de le dépasser et de reconnaître ce qui se cache derrière… ».

Perra continue à travailler son ancien camarade : « l’emprise est une forme de séduction par laquelle un séducteur fait croire… etc, etc…»

L’ancien camarade : « je comprends ce que tu décris… et pourtant, je n’arrive pas à aller dans le sens des critiques… quelque chose au fond de moi m’en empêche … Chaque fois que je repense à mon ancienne école, je suis assailli par ce sentiment bizarre… c’est comme de la tristesse… j’ai l’impression d’une perte irréparable… parfois ce sentiment est si fort que je me mets à pleurer ! »

Après maintes tentatives « l’ancien camarade » retombe : « je ne suis pas sûr d’avoir envie de vivre avec l’idée que j’aurais passé ma scolarité au contact d’un tel phénomène…je préfère me concentrer sur les bons souvenirs de mon école et laisser le reste de côté.»

Admirable description qui fait apparaître l’endoctrinement enraciné dans les profondeurs subconscientes des élèves des écoles Steiner dont ce camarade est évidemment un cas représentatif.

Mais au fait : qui est donc cet ancien camarade ?

D’après les indications contenues dans l’article de G Perra, cet ancien camarade est un homme ayant effectué sa scolarité dans une école Steiner depuis le jardin d’enfant jusqu’à la dernière classe. Parmi les cinq garçons de sa promotion en douzième classe, (dernière année scolaire) il se trouve qu’un seul élève correspond à ce profil. Après avoir retrouvé et recontacté cet ancien camarade il s’est avéré que ce dernier avait connaissance de l’article de G Perra mais n’avait établi aucun lien entre « l’ancien camarade » du texte et lui-même, ne pouvant imaginer qu’il s’agissait de lui !!!

Certes, ce dernier s’est souvenu avoir eu une conversation avec G Perra il y a quelques années mais nullement à la terrasse d’un café, ni après vingt ans sans s’être vus. Bien plus, il ne se reconnaît en rien dans les propos que lui prête son interlocuteur, pas plus que dans le pathos affectif dont il se trouve affublé. Bref en rien ! Ou presque… car G Perra lui a effectivement emprunté des caractéristiques extérieures lui servant de base « réelle » ; mais le reste est fictif !

Perra pousse la falsification psychologique jusqu’à dissimuler un trait capital de cet ancien camarade : bien qu’ayant conservé de bons souvenirs de sa scolarité, ce dernier est cependant resté très critique vis à vis de certains aspects de la pédagogie (au point de ne pas y avoir scolarisé ses enfants, ce que mentionne d’ailleurs Perra dans le dialogue).

Perra se garde bien de peindre le portait psychologique réel d’un homme parfaitement libre dans ses conceptions, n’ayant aucune attache affective et idéologique de nature à engendrer « …ce sentiment bizarre…comme de la tristesse… l’impression d’une perte irréparable… parfois ce sentiment est si fort que je me mets à pleurer ! ». Outre le fait que cette dernière affirmation n’a pas manqué de bien faire rire l’intéressé, il est presque incroyable qu’au profil psychologique réel n’ayant rien d’un endoctriné, Perra ait substitué une sorte d’archétype de l’ancien élève, faible de caractère, aveuglé, n’osant s’avouer la « monstrueuse réalité », bataillant avec cette incrustation sectaire qu‘il ne peut finalement parvenir à surmonter…

Ce caractère de drâme psychologique est une pure fiction !

Nous nous trouvons devant un document qui est plus qu’un faux témoignage : il s’agit d’un acte assez exemplaire de manipulation envers cet ancien camarade et envers les lecteurs !

A travers un interrogatoire supposé être un processus d’éveil ou de réveil de la conscience, Perra élabore les questions et les réponses, mène les fils de sa marionnette pour le conduire là où il a envie d’aller. L’ancien camarade est le pion qu’il balade sur l’échiquier de sa logique, le pion dont il a besoin pour diffuser ses calomnies, manipulable à loisir puisqu’il n’est autre que… Perra lui-même !

Mentionnons au passage qu’indépendamment de la preuve factuelle apportée par cet ancien élève sur la non-véracité du texte, il n’est guère besoin d’être docteur en psychologie pour s’apercevoir, à la lecture, qu’il s’agit d’une construction thématique bien choisie par l’auteur excluant toute possibilité d’un dialogue réel. Il est presque enfantin de superposer ainsi un catalogue de thèmes enveloppé d’une trâme psychologique idéale pour délivrer le message « de vérité » dont G Perra se fait le chantre.

Avec un sinistre talent, Perra a recréé entièrement un dialogue destiné à faire apparaître un processus subtil d’endoctrinement dont les futurs adultes pâtiront leur vie entière sans en être conscient et sans réussir à se l’avouer.

L’auteur dévoile ici sa manière récurrente d’agir : il n’invente jamais tout à fait les faits et construit ses thèses sur une base de réalité. Cette base est le matériau lui permettant d’édifier son mensonge, elle emprunte bien évidemment de tout ce que le quotidien porte en traits particuliers, paroles ou anecdotes, conférant au récit un puissant aspect réaliste. Ensuite, Perra modèle les choses à sa guise puis s’offusque enfin des turpitudes qu’il a lui-même créées en se drapant de tout son sens de la vérité.

Ainsi dira-t-il par exemple : « … il est grave de chercher à se substituer aux parents. Assumer un tel rôle, c’est pour la vie… Sinon, on est dans le mensonge… »

Une phrase prononcée droit dans les yeux de son ancien « camarade de classe » virtuel !


*Concernant d’autres aspects essentiels de ce faux témoignage, je renvoie le lecteur, à mon texte ou à ma vidéo intitulée « Grégoire Perra : quand le mensonge devient art ! »